Fédération des Aveugles et Amblyopes
 de France
Gard-Lozère

Compte-rendu d'activités

Culture : Le Festival « Un Réalisateur dans la Ville » : Projection en audio-description dans les Jardins de la Fontaine

Le 27 Juillet 2018
Rédigé par : Florian AUGUSTE

Ce soir-là, le ciel avait rendez-vous avec une éclipse de lune, et nous, avec la toile tendue devant le grand mur des jardins de la fontaine,  sur lequel allait être projeté le film "Alceste à bicyclette" de Philippe LE GUAY, le réalisateur invité du festival, et dont l'humour et la verve donnait ce soir-là à penser que le repas ayant précédé  l'intervention, pouvait avoir été légèrement arrosé !
Alors que la lune disparaissait également aux yeux des spectateurs voyants, notre groupe chaussait ses écouteurs pour suivre en audio-description, une interprétation que nous savions d'avance magistrale, de la scène 1 de l'acte I du misanthrope, par ces deux incomparables acteurs que sont Fabrice LUCHINI et Lambert WILSON, tour à tour Alceste et Philinte. Par un jeu de poupées russes, nos deux acteurs campaient deux personnages dont le métier n'est autre que... comédien, et dont les caractères, à la ville, allaient révéler, comme pour Alceste et Philinte, la part de lumière de l'un et d'ombre de l'autre.
Si le fait d'être placé dans les premiers rangs de cette salle à ciel ouvert constituait un avantage indéniable pour voir ce qu'il était encore possible à certains d'entre- nous de voir, l'important volume sonore de la projection faillit bien empêcher ceux qui ne pouvaient qu'entendre, d'entendre l'audio-description d'un scénario qu'on jurerait n'être qu'un prétexte aux quelques vers de théâtre classique dont le duo se délectait manifestement.
Mais ici, l'audio-description s'avérait n'avoir finalement qu'un intérêt relatif, tant les voix vibraient de nuances et de subtilité. Et c'est rafraichis des embruns de l'île de Ré -que l'on croirait avoir parcouru à bicyclette à la suite de la belle italienne jouée par Maya Sansa-, que nous quittions déjà le cadre somptueux des jardins de la Fontaine, alors que la lune s’apprêtait à terminer, elle aussi, son jeu d'ombres et de lumières.